La Françafrique se porte bien – SURVIE

« A partir d’enregistrements récents (extraits issus de la télévision, de la radio,…) où nous entendrons certaines des personnes qui nous dirigent, nous ferons le point sur l’actualité de la françafrique depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007. Nous parlerons du Niger, du Cameroun, du Gabon, de la Guinée, des biens mal acquis des dictateurs africains mais aussi et surtout de ceux qui ici font la politique africaine de la France : Sarkozy, Guéant, Bourgi, et de Toubon, chargé de préparer l’année 2010, « année de l’Afrique ».
Intermèdes musicaux avec Diaoulé Pemba. » SURVIE




Résistance à Jérusalem-Est [Le Monde Diplomatique]

Pour la première fois — depuis vingt mois qu’elle se déroule — la manifestation du vendredi contre la colonisation juive à Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, s’est tenue dans un autre quartier : celui de Ras Al-Amoud.

Depuis des années, cette zone de la Jérusalem arabe a vu aussi s’implanter une petite colonie, dite Maale Zeitim, tout aussi illégale. Celle-ci comptait jusqu’ici 110 appartements. Or, viennent de s’y ajouter dix-sept autres, à la suite d’un étrange échange. Baptisés Maale David, ces nouveaux logements sont en effet installés dans les deux bâtiments de l’ancien quartier général de la police israélienne pour la Cisjordanie, rénové à cet effet. De son côté, l’organisation de colons Elad a financé la construction du nouveau QG dans la fameuse zone E1, à proximité de Maale Adoumim, dont l’annexion définitive rendrait littéralement impossible la transformation de Jérusalem-Est en capitale d’un Etat palestinien.

C’est pour protester contre ce nouveau fait accompli que, ce vendredi après-midi, plusieurs centaines de manifestants juifs et arabes, de toutes générations et de sensibilités visiblement diverses — dont de nombreux porteurs de kippa — ont bloqué, deux heures durant, l’entrée de Maale Zeitim.

Au son des tambours, ils se sont livrés à un véritable concours de slogans comme : « L’occupation est un crime, libérez la Palestine », « Pas de nouvel Hébron à Jérusalem », « Ras Al-Amoud, ne palestine-manifdésespère pas, l’occupation s’achèvera », « Voleurs, voleurs, foutez le camp de ces maisons », « Dans votre intérêt, sortez de cette cage », « Réveillez-vous, le fascisme est déjà là », « Colons, prends garde, Dieu ne t’absoudra pas », « Il n’y a pas de sainteté dans une ville occupée ».

Après un temps d’observation, la population du quartier s’est jointe au sit-in. Tandis que toutes les voitures passant dans la rue klaxonnaient à qui mieux mieux, les shebab (jeunes), juchés sur des camions, drapeaux palestiniens déployés, défiaient les enfants des colons. Un rappeur arabe a régalé l’assistance de ses rimes humoristiques…

Un temps débordés, les gardiens de la colonie et les quelques policiers présents sur place ont fini par appeler des renforts pour « libérer » les colons. Et c’est avec une soudaine et brutale violence qu’ils ont déplacé les manifestants assis devant l’entrée, tirant les uns par les bras ou les jambes, sans hésiter à jouer du taser. Les policiers municipaux se sont notamment acharnés sur la jeune organisatrice de l’initiative, à qui ils ont cassé un bras, et sur son frère, blessé à la tête à coups de matraque.

Il y a quelques jours, le premier ministre Benjamin Netanyahou exhortait le Congrès américain avec ces mots : « Jérusalem ne doit jamais être divisée. Jérusalem doit rester la capitale unifiée d’Israël. Je sais que c’est une question difficile pour les Palestiniens. Mais je crois qu’avec de la créativité et de la bonne volonté une solution peut être trouvée. »

dimanche 29 mai 2011, par Dominique Vidal et Michel Warschawski.

Loin de l’Espagne et de l’information : ce que veulent les manifestants [ACRIMED]

Ce court article n’a pas vocation à analyser de manière exhaustive le traitement médiatique des mobilisations en Espagne. D’autres articles suivront…
Acrimed n’est pas un site d’information ou de contre-information généraliste, mais d’information et de contre-information sur les médias, les journalismes et l’information elle-même. Pourtant – une fois n’est pas coutume –, il suffit, pour prendre la mesure de la vacuité de l’information entre le 15 et le 21 mai sur les mobilisations en Espagne, d’effectuer une rapide « revue des médias » et de lui opposer ce que l’on y trouve pas : les plateformes des manifestants.


I. Brève « revue des médias »

Quand « l’affaire DSK » occupe les temps d’antenne et dévore les surfaces imprimées…

De glorieux journaux télévisés

Il leur en a fallu du temps pour se rendre compte qu’il se passait « quelque chose » en Espagne !

Prenez TF1, par exemple. Entre le 15 et le 20 mai : pas un sujet, pas un mot… Il a fallu attendre le 21 mai pour que la rédaction de TF1, enfin informée, informe à son tour : à 13 heures, on apprend ainsi de la bouche de Claire Chazal que « depuis plusieurs jours maintenant, les Espagnols sont dans la rue pour manifester contre le chômage et les mesures d’austérité […] ». Et le reportage qui suit de nous informer que la manifestation de la veille avait permis de « dénoncer de plus belle la mainmise des grands partis politiques, la corruption et, surtout, l’injustice sociale ». À 20 heures ? Claire Chazal : « La population manifeste depuis quelques jours contre l’austérité, le chômage. » Seulement ? Le reportage qui suit donne à entendre fugitivement d’autres cibles des manifestants. Et c’est tout ? C’est tout.

Le JT de France 2 s’est montré moins lent à la détente puisque, le 18 mai à 20 heures, David Pujadas annonçait en titre : « L’Espagne est-elle au bord de la révolte ? […] » Seulement « au bord »… Le moment venu, environ 17 min après le début du journal on apprend, de la bouche du même Pujadas que des « milliers de jeunes […] se retrouvent tous les soirs dans les grandes villes pour protester contre l’austérité, un peu à la manière des révolutions arabes, via Twitter ou Internet, hors de tout contrôle ou tout mot d’ordre des partis politiques. » Mais encore ? « L’Espagne qui s’impose – vous le savez – une cure d’austérité drastique pour maîtriser ses déficits et sa dette, on voit même apparaître ceux qu’on appelle les cartoneros, ces vendeurs à la sauvette ». Et de diffuser un reportage (sorti d’un stock ?), intéressant au demeurant, sur les cartoneros. Mais de la mobilisation elle-même, de ses modalités, de son contenu, de ses revendications, de son sens, on ne saura rien de plus que ce que Pujadas a annoncé.

Et lors des JT de 20 heures des 19 et 20 mai : rien. Et lorsque, les jours suivants, les mobilisations en Espagne seront à nouveau effleurées, on ne saura toujours rien d’autre sur leurs motifs et leurs aspirations, à part qu’elles sont liées au chômage et à l’austérité. Certes. Mais encore ?

De profonds quotidiens, de magnifiques sites Web

Et dans la presse écrite ? Dans les « grands » quotidiens nationaux ? » Rien ou pas grand-chose. Sauf omission de notre part, deux articles dans Libération. Le premier, le 19 mai – « Les « indignés » prennent la Puerta del Sol » ] ; le second, le 21 mai – « L’Espagne entre vote et révolte ». À noter, ce même jour : treize articles (de toutes tailles) sur « l’affaire DSK », ses à-côtés, ses conséquences…

Mais que veulent donc ces manifestants ? Quelles sont leurs aspirations ? Quels sont leurs objectifs ? Ce n’est pas – ce n’était pas – en lisant la presse imprimée qu’on peut l’apprendre. Ce qui n’empêche pas Lemonde.fr (et peut être Le Monde papier, mais nous n’avons pas retrouvé la trace) d’écrire, en recyclant une dépêche de l’AFP, le 18 mai : « les manifestants portent des revendications très disparates, parfois confuses ».

Retenons les objections : le temps manquait dans des JT d’une trentaine de minutes et l’espace faisait défaut dans la presse imprimée pour informer – simplement informer… – sur la nature des mobilisations en Espagne et sur la plate-forme des manifestants.

Mais quel argument peut-on invoquer pour que, jusqu’au 22 mai au moins, sur les sites Internet de nos grands médias on ne trouve, sauf exception, que des dépêches d’agences, le cas échéant modifiées, sans que l’on sache d’ailleurs sur quoi ont porté les modifications ? Là, pourtant, la place ne manque pas, pour informer vraiment. Or, à part quelques bribes de-ci de-là et un blog de Mediapart (et non un article de la rédaction), rien. Après l’information tardive et lacunaire, le temps est venu, un peu partout, des profonds commentaires. L’information pouvait attendre. Et pourtant…

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II. Ce que l’on n’apprend qu’en surfant ailleurs

… sur des revendications prétendument disparates, confuses et apolitiques…

1. Manifeste de « Democracia Real Ya ! » (15 mai)

Nous sommes des personnes ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, travailler ou pour chercher un travail, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et pouvoir offrir un meilleur avenir à ceux qui les entourent.

Parmi nous, certains se considèrent plus progressistes, d’autres plus conservateurs. Certains sont croyants, d’autres pas. Certains suivent des idéologies précises, d’autres se considèrent apolitiques. Mais nous sommes tous préoccupés et indignés par la situation politique, économique et sociale autour de nous : par la corruption des politiciens, patrons, banquiers, … qui nous laissent sans défense et sans jamais être entendus.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne et sans espoir aucun. Mais en unissant nos forces nous pouvons la changer. Le moment est venu de changer les choses, de bâtir ensemble une société meilleure. En conséquence nous soutenons avec vigueur les affirmations suivantes :

- L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.

- Des droits inaliénables doivent être garantis au sein de notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation politique, au libre développement personnel et le droit du consommateur à une vie saine et heureuse.

- L’état actuel de notre système politique et économique ne répond pas à ces priorités et il est par de multiples facettes un obstacle au progrès de l’humanité.

- La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, cratie = pouvoir), ce qui signifie que chacun de nous constitue une partie du gouvernement. Cependant, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même plus. Ses fonctions devraient être de porter notre voix auprès des institutions, en facilitant la participation politique des citoyens à travers des canaux de démocratie directe pour le bénéfice du plus grand nombre, et non pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des forces économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature des partis représentée par les sigles inamovibles du PPSOE.

- La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns sont à la source des inégalités, frustrations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et non-durable, entraîne notre système social dans une spirale, qui s’auto-consume, enrichissant une minorité et appauvrissant les autres. Jusqu’à son effondrement.

- La volonté et le but du système sont l’accumulation d’argent, sans tenir compte ni de l’efficacité ni du bien-être de la société ; gaspillant ses ressources, et détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs mécontents.

- Les citoyens sont les engrenages d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui se moque de nos besoins. Nous sommes anonymes mais sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons fonctionner le monde.

- Si en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une rentabilité économique abstraite où la majorité ne bénéficie pas de ses avantages, nous pourrons supprimer les abus que nous endurons.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. Plutôt que de mettre l’argent avant les êtres humains, il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des objets. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

Au nom de tout ce qui vient d’être dit, je suis indigné. Je crois sincèrement que je peux changer les choses. Je crois que je peux aider. Je sais que, tous ensemble, on peut y parvenir. Sors avec nous. C’est ton droit.

http://democraciarealya.es/?page_id=88

2. Propositions approuvées par l’assemblée générale (Madrid, 20 mai)

Toutes nos excuses pour les éventuelles erreurs de traduction (Acrimed). Version espagnole en annexe

Propuestas aprobadas en la Asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en Acampada Sol

Résultat de la consultation de l´assemblée réunie le 20 mai 2011 au campement de la Puerta del Sol. Celui-ci est la compilation et la synthèse des propositions reçues ces derniers jours. Une première liste de propositions a été élaborée. Nous soulignons que l´assemblée est un processus ouvert et collaboratif. Cette liste n’est pas fermée, les propositions approuvées lors de l’assemblée du 20 mai au campement de la Puerta del Sol sont :

1. Le changement de la loi électorale avec des listes pour une seule circonscription. L’attribution des résultats doit être proportionnelle au nombre de votes.

2. Les droits basiques et fondamentaux doivent être respectés, comme : * le droit à un logement digne, s´articulant sur la réforme de la loi hypothécaire en cas de dévolution du logement pour non-paiement, la dette doit être annulée, * une santé publique gratuite et universelle, * la libre circulation des personnes et le renforcement de l´éducation publique et laïque.

3. L’abolition des lois et des mesures discriminatoires et injustes comme les lois issues du « processus de Bologne » et de l’espace européen d’enseignement supérieur, et celle connue sous le nom de loi Sinde (contrôle d’internet).

4. Une réforme fiscale pour les salaires les plus bas et une réforme des impôts sur le patrimoine et les héritages. La mise en place de la taxe Tobin qui concerne les transactions financières internationales et la suppression des paradis fiscaux.

5. Des réformes des conditions de travail de la classe politique pour abolir les salaires à vie. Que les programmes et les propositions électorales aient un caractère contraignant.

6. Le refus et la condamnation de la corruption, rendre obligatoire par la loi électorale la présentation de listes propres exemptes de toute corruption.

7. Différentes mesures en rapport avec les banques et les marchés financiers selon l’article de la Constitution qui dit que toute la richesse du pays sous toutes ses formes doit être utilisée pour l´intérêt général. La réduction du pouvoir du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne : nationalisation de toutes les banques sauvées par l´État, renforcement de tous les contrôles sur les entités et les opérations financières pour éviter tout abus.

8. Une vraie séparation de l´État et de l´Église, comme le stipule l´article 7 de la Constitution.

9. Une démocratie participative et directe où les citoyens sont actifs. Un accès populaire aux moyens de communication qui doivent être éthiques et fidèles à la vérité.

10. Une vraie révision des conditions de travail, sous surveillance effective des autorités étatiques.

11. La fermeture de toutes les centrales nucléaires et la promotion des énergies renouvelables et gratuites.

12. La récupération des entreprises publiques privatisées.

13. Une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

14. La réduction du budget militaire et la fermeture immédiate des entreprises d´armement. Un plus grand contrôle sur les forces et corps de sécurité de l´État. Comme le mouvement pacifiste nous disons non à la guerre.

15. La récupération de la mémoire historique et des principes fondamentaux de la lutte pour la démocratie dans notre pays.

16. Une transparence totale des comptes et des financements des partis politiques comme mesure de contrôle de la corruption politique.


Annexe

Propuestas aprobadas en la asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en Acampada Sol Madrid, 20 de mayo de 2011 Como resultado del consenso alcanzado durante la Asamblea celebrada el día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL, y como resultado de la recopilación y síntesis de las miles de propuestas recibidas a lo largo de estos días, se ha elaborado una primera relación de propuestas. Recordamos que la Asamblea es un proceso abierto y colaborativo. Esta lista no debe entenderse como cerrada.

Propuestas aprobadas en la Asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL.

1. Cambio de la Ley Electoral para que las listas sean abiertas y con circunscripción única. La obtención de escaños debe ser proporcional al número de votos.

2. Atención a los derechos básicos y fundamentales recogidos en la Constitución como son : * Derecho a una vivienda digna, articulando una reforma de la Ley Hipotecaria para que la entrega de la vivienda en caso de impago cancele la deuda. * Sanidad pública, gratuita y universal. * Libre circulación de personas y refuerzo de una educación pública y laica.

3. Abolición de las leyes y medidas discriminatorias e injustas como son la Ley del Plan Bolonia y el Espacio Europeo de Educación Superior, la Ley de Extranjería y la conocida como Ley Sinde.

4. Reforma fiscal favorable para las rentas más bajas, una reforma de los impuestos de patrimonio y sucesiones. Implantación de la Tasa Tobin, la cual grava las transferencias financieras internacionales y supresión de los paraísos fiscales.

5. Reforma de las condiciones laborales de la clase política para que se abolan sus sueldos vitalicios. Que los programas y las propuestas políticas tengan carácter vinculante.

6. Rechazo y condena de la corrupción. Que sea obligatorio por la Ley Electoral presentar unas listas limpias y libres de imputados o condenados por corrupción.

7. Medidas plurales con respeto a la banca y los mercados financieros en cumplimiento del artículo 128 de la Constitución, que determina que “toda la riqueza del país en sus diferentes formas y sea cual fuere su titularidad está subordinada al interés general”. Reducción del poder del FMI y del BCE. Nacionalización inmediata de todas aquellas entidades bancarias que hayan tenido que ser rescatadas por el Estado. Endurecimiento de los controles sobre entidades y operaciones financieras para evitar posibles abusos en cualquiera de sus formas.

8. Desvinculación verdadera entre la Iglesia y el Estado, como establece el artículo 16 de la Constitución.

9. Democracia participativa y directa en la que la ciudadanía tome parte activa. Acceso popular a los medios de comunicación, que deberán ser éticos y veraces.

10. Verdadera regularización de las condiciones laborales y que se vigile su cumplimiento por parte de los poderes del Estado.

11. Cierre de todas las centrales nucleares y la promoción de energías renovables y gratuitas.

12. Recuperación de las empresas públicas privatizadas.

13. Efectiva separación de poderes ejecutivo, legislativo y judicial.

14. Reducción del gasto militar, cierre inmediato de las fábricas de armas y un mayor control de las fuerzas y cuerpos de seguridad del Estado. Como movimiento pacifista creemos en el “No a la guerra”.

15. Recuperación de la Memoria Histórica y de los principios fundadores de la lucha por la Democracia en nuestro Estado.

16. Total transparencia de las cuentas y de la financiación de los partidos políticos como medida de contención de la corrupción política.


Renouveau du féminisme au Sud [Le Monde Diplomatique]

Le prisme paternaliste à travers lequel est souvent perçu le sort des femmes d’Afrique, d’Asie ou du Proche-Orient a tendance à occulter les combats qu’elles mènent. Comme en Occident, leur condition, loin d’être un invariant culturel, fait l’objet de luttes visant à arracher de nouveaux droits et à mettre fin à des situations de violence ou de discrimination. En témoignent les exemples du Rwanda, de l’Afghanistan, de l’Inde et du Maroc.   Par Camille Sarret

Le retour sur l’histoire du féminisme qui a marqué l’année 2010, avec, en France, les quarante ans du Mouvement de libération des femmes (MLF), ne doit pas faire oublier les femmes du Sud, leurs luttes et leurs contributions au renouvellement du féminisme. On a tendance à en faire trop facilement des victimes, alors qu’elles sont souvent en révolte contre l’ordre établi et les inégalités qu’engendrent certaines traditions.

Ainsi, sait-on que le seul pays au monde où les femmes sont majoritaires au Parlement est le Rwanda ? Depuis les élections générales de 2008, elles représentent 56,3 % des députés : un record à faire pâlir d’envie jusqu’aux pays scandinaves, champions de la parité politique en Europe. Les Rwandaises n’ont pourtant obtenu le droit de vote qu’en 1961, quand le pays est devenu indépendant. En 1965, la première élue entre au Parlement, mais, jusque dans les années 1990, les femmes sont quasiment absentes du monde politique. C’est le génocide des Tutsis, en 1994, qui bouleverse la donne. « Alors que beaucoup d’hommes étaient morts ou dans l’incapacité d’agir, les femmes ont pris des responsabilités et ont montré qu’elles pouvaient être à la hauteur, rappelle Mme Immaculée Ingabire, coordinatrice de la Coalition nationale contre les violences faites aux femmes. Bien que massivement violées, ce sont les Rwandaises qui ont sorti le pays du chaos. Ce qui a brisé le machisme traditionnel. »

Au cours de la période postgénocidaire, les femmes dirigent près du tiers des ménages, occupent des emplois autrefois réservés aux hommes, notamment dans les secteurs du bâtiment et de la mécanique, et adhèrent en nombre aux partis politiques. Elles participent à l’élaboration de la Constitution de 2001 et parviennent à y faire inscrire un système de quotas qui leur réserve 30 % des postes dans tous les organes de prise de décision, ainsi que le droit à l’héritage. Elles exigent également la création d’un ministère du genre et de la condition féminine, et réussissent à faire fonctionner des conseils nationaux féminins qui constituent un exemple de la représentation des femmes à chaque échelon du pouvoir (du quartier jusqu’au plus haut niveau de la nation). Au gouvernement, les ministères de l’industrie, de l’agriculture, des affaires étrangères et de l’énergie sont confiés à des femmes.

Mais des difficultés persistent. Dans l’administration centrale, selon un rapport ministériel, « 74 % des secrétaires généraux dans les ministères sont des hommes, de même que 81 % des directeurs et 67 % des agents les plus diplômés. Les femmes sont plutôt prédominantes dans des postes d’assistant administratif et de secrétaire ». De même, dans le secteur privé, elles restent « majoritaires dans les activités précaires et peu rémunérées du secteur informel (…). Seules 18 % des entreprises du secteur formel leur appartiennent (1) ». Et, en matière de violences, le tableau reste sombre : « Il existe une véritable volonté politique, mais il faut encore faire évoluer les mentalités, dit Mme Ingabire. Et montrer que la culture n’est pas immuable, que toute société est capable de faire évoluer ses traditions. Aujourd’hui, je vise les nouvelles générations. »

Une députée afghane de 27 ans

Tout autre est la situation en Afghanistan. Sous la présidence de M. Hamid Karzaï, violences domestiques, meurtres, viols, attaques à l’acide sont en constante augmentation. Malgré tout, les femmes ne restent pas emmurées dans le silence. Elles ont des porte-voix, comme Mme Malalaï Joya, élue au Parlement en 2005, à l’âge de 27 ans — ce qui fait d’elle la plus jeune députée de l’hémicycle.

Mme Joya a passé une partie de son enfance et de sa jeunesse dans un camp de réfugiés pakistanais, puis elle a pu bénéficier d’une scolarité et de l’apprentissage de l’anglais. Sous les talibans, de retour dans sa ville natale de Farah, elle s’est occupée d’un dispensaire et de l’organisation de cours d’alphabétisation clandestins pour les femmes. Mais, « dès ses débuts en politique, raconte la sociologue Carol Mann, elle s’est attiré les foudres de ses collègues parlementaires, à qui elle n’a cessé de reprocher leur passé de chefs de guerre, leurs activités de trafiquants de drogue et de militants islamistes inconditionnels. Elle incrimine inlassablement la politique de l’Etat, qui bafoue les droits humains, en particulier ceux des femmes (2) ».

Mme Joya a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, ses principaux ennemis étant les partis réactionnaires et les fondamentalistes religieux. A Kaboul, elle s’est fait agresser par des parlementaires. « Ils me tueront, mais ils ne tueront pas ma voix, car ce sera la voix de toutes les femmes afghanes (3) », a-t-elle déclaré en 2007. Des femmes en burqa, brandissant des panneaux, sont venues lui manifester leur soutien à Farah, à Jalalabad et à Kaboul. Depuis, elle a été exclue du Parlement à la suite d’une interview télévisée où elle comparait l’assemblée afghane à un zoo.

Mme Shoukria Haïdar, présidente de Negar, l’une des plus importantes associations de femmes du pays, redoute un retour au pouvoir des talibans depuis que le président Karzaï, dans le cadre de la conférence de Londres, en janvier 2010, a présenté aux puissances occidentales sa politique de la main tendue. Dans la foulée, en juin, il a réuni mille six cents représentants des tribus et de la société civile dans une loya jirga (« grande assemblée »). Mme Haïdar craignait que le principe de l’égalité entre hommes et femmes, pour lequel elle s’était battue pendant deux ans après la chute des talibans, soit supprimé de la Constitution. Au final, les textes fondamentaux n’ont pas été touchés, mais, comme l’a relevé Human Rights Watch, « le gouvernement afghan et ses supporters internationaux n’ont pas tenu compte de la nécessité de protéger les femmes dans les programmes de réintégration des combattants insurgés et ont omis de garantir l’inclusion de leurs droits dans les pourparlers potentiels avec les talibans (4) ».

Autre cas : l’Inde. L’Etat y a adopté le principe d’égalité entre les sexes et a intégré le concept de genre. « Aujourd’hui, les Indiennes bénéficient d’excellentes politiques publiques, analyse rubon57-81e69Mme Urvashi Butalia, qui tient depuis plus de vingt ans une maison d’édition féministe à New Delhi. Dans les plans quinquennaux, elles ont une place spécifique. Récemment, pour aider les plus démunis, et en particulier les femmes, l’Etat indien a créé un salaire journalier minimum pour des travaux d’intérêt général comme l’entretien des routes ou le nettoyage des rues. » Une loi contre les violences domestiques, « l’une des meilleures au monde », estime-t-elle, a également été promulguée en 2005.

Ce texte permet de protéger les femmes non seulement de la violence de leurs maris ou de leurs fils, mais aussi de leurs belles-familles, avec lesquelles elles cohabitent. Pour autant, le phénomène dramatique des dowry deaths (« morts pour dot insuffisante ») n’est toujours pas endigué. Selon des estimations non officielles, quelque vingt-cinq mille femmes seraient tuées chaque année parce que leur famille n’a pu satisfaire les incessantes demandes de la belle-famille (5).

Bien qu’interdite depuis 1961, la pratique de la dot a repris de plus belle à la fin des années 1980. « Aujourd’hui, quelles que soient la classe sociale et la caste, tout le monde dote : les députés, les industriels, les journalistes…, explique le chercheur Max-Jean Zins. Mal vue dans les années 1970, la dot est devenue un signe ostentatoire de richesse et de pouvoir. Pour les plus modestes, elle est le moyen le plus rapide d’accéder à la consommation, placée au cœur du système économique et social de l’Inde moderne. La femme indienne est devenue un objet destiné à accéder à d’autres objets. C’est ce qui la fragilise le plus. »

En outre, il manque en Inde près de quarante millions de femmes. Ce chiffre est d’abord dû à la pratique très développée du fœticide (l’élimination des fœtus de sexe féminin identifiés par échographie), mais aussi à une forme de négligence à l’égard des petites filles, moins bien soignées que leurs frères. « Ce n’est qu’à l’âge de 34 ans que les femmes obtiennent une espérance de vie équivalente à celle des hommes », indique Zins.

Sur le plan politique, en revanche, les femmes indiennes sont relativement puissantes. La plus grande démocratie au monde a instauré, dès 1992, des quotas aux élections municipales. « Cela a entraîné de profonds changements à l’échelle locale. D’ailleurs, depuis ce succès, les hommes politiques refusent d’avoir un système similaire pour les élections législatives », confie Mme Butalia.

Dans les pays du Sud, qui ont été pour la plupart des colonies ou des protectorats, les pionnières du féminisme moderne sont issues, comme en Occident, des milieux marxistes. Mais c’est en s’opposant au colonialisme, à travers les luttes pour l’indépendance, qu’elles ont affirmé leur militantisme. Evoquant le cas des combattantes indiennes, Martine van Woerkens explique : « Elles avaient une conception visionnaire de la future nation, associant étroitement l’autonomie politique à l’émancipation des femmes (6). »

En Egypte, dès les années 1920, Huda Sharawi fonde l’Union féministe égyptienne et s’engage dans la lutte nationaliste. En 1929, à la gare du Caire, elle fait scandale en descendant du train sans voile ; un geste repris peu après par un grand nombre d’Egyptiennes lors d’une manifestation contre le mandat britannique.

Dans l’empire des Indes britanniques, c’est Kamaladevi Chattopadhyay qui incarne ce double engagement féministe et nationaliste. « Membre de l’aristocratie brahmanique, riche et cultivée, qui adhérait à la cause nationaliste et réformiste, elle fut aux côtés de Gandhi et de Nehru dans les luttes qui précédèrent et suivirent l’indépendance », relate van Woerkens (7). C’est elle qui convainc Gandhi d’autoriser les femmes à rejoindre les hommes dans la Marche du sel, mobilisation pacifique à travers tout le pays contre le pouvoir britannique.

En Asie, au Maghreb et dans le reste de l’Afrique, ces premiers courants féministes nés des luttes nationalistes se caractérisent par des valeurs laïques et universalistes. Les femmes sont incitées à investir les universités, les entreprises, les institutions et les organisations politiques. Mais un domaine reste alors quasiment impensé : la famille. D’après Margot Badran, chercheuse au Centre pour la compréhension entre musulmans et chrétiens du prince saoudien Al-Walid Ben Talal à l’université américaine de Georgetown, dans les pays musulmans, « ce sont les féministes islamiques qui, à la fin du XXe siècle, assumèrent cette tâche (8) ».

Née dans les années 1980 et forgée à partir de l’expérience iranienne, cette forme religieuse du féminisme demeure encore très controversée. Les plus ardents défenseurs de la laïcité dénoncent une manipulation du combat des femmes au profit de l’islam politique fondamentaliste. Pourtant, explique Badran, « le féminisme islamique est au cœur d’une transformation qui cherche à se faire jour à l’intérieur de l’islam. Transformation et non réforme, car il ne s’agit pas d’amender les idées et coutumes patriarcales qui s’y sont infiltrées, mais d’aller chercher dans les profondeurs du Coran son message d’égalité des genres et de justice sociale (…), et d’y conformer, par un bouleversement radical, ce qu’on nous a si longtemps fait prendre pour l’islam (9) ».

Militantismes laïque et islamique

Ayant bénéficié des acquis des luttes féministes précédentes, ce mouvement a d’abord émergé au milieu des années 1980, quand les femmes des classes moyennes ont accédé aux études supérieures et quitté leur foyer pour travailler. Les premières réflexions sur le partage du rôle du chef de famille sont alors apparues. En même temps, le concept de genre, forgé aux Etats-Unis, est repris par les théologiennes musulmanes pour interroger les textes sacrés.

Autour de 2005, les « militantes lettrées », comme les appelle Badran, affirmant plus encore leur indépendance de pensée, cherchent à déconnecter les pratiques et le droit musulman du sacré, en montrant qu’il s’agit d’une construction humaine et historique sur laquelle il est possible d’agir. Elles s’attellent à la mise en pratique de ces idées à travers la constitution de réseaux transnationaux. Badran constate, au sein de la culture musulmane, une convergence entre féminismes laïque et islamique, qui « s’explique avant tout, précise-t-elle, par la communauté d’objectifs : débarrasser l’islam de la domination masculine et réaliser l’aspiration à un islam égalitaire, en particulier au sein de la famille (10) ».

Au Maroc, la réforme du code de la famille (mudawana), engagée en 2004, n’aurait pu se faire sans une telle alliance : « Cette réforme découle d’une vingtaine d’années de débat entre le pouvoir politique, les féministes libérales et les islamistes, débats auxquels Mohammed VI a mis un terme en 2003 par un arbitrage qui prenait en compte les revendications des uns et des autres (11). » Cette avancée des droits des femmes dans la sphère familiale a été obtenue grâce à la convergence d’un militantisme féministe de longue date promu par des associations laïques, des apports intellectuels des féministes islamiques et, enfin, de la volonté du jeune roi de s’emparer de cette question pour moderniser la société marocaine et faire barrage à une radicalisation de l’islam, en particulier après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca.

Le même processus pourrait se mettre en place au sujet de l’avortement. « C’est un thème dont on commence à discuter publiquement, précise la chercheuse Souad Eddouada. Au nom de la dignité de la femme défendue par l’islam, l’avortement pourrait être perçu dans certains cas comme l’unique solution, ce qui justifierait sa légalisation. » Dans la péninsule arabique, c’est aussi une alliance entre laïques et religieux qui a permis l’obtention du droit de vote pour les femmes à Bahreïn en 2002 et au Koweït en 2005.

Camille Sarret.

La CNT-AIT contre la manipulation médiatique du mouvement du 15 mai [CNT-AIT]

Ci dessous, la traduction de textes des compagnons de la CNT-AIT en Espagne à propos des évènements récents et des tentatives de manipulations médiatiques et policières, ainsi que des témoignages sur les évènements du 15 mai dernier (infos actualisées sur le Forum Rouget et Noir).

Ces derniers jours, ont été rendues publiques plusieurs informations relatives à la CNT et au mouvement du 15 mai, informations qui vont de la méconnaissance du phénomène jusqu’à la manipulation journalistique grossière. Quoiqu’il en soit, le résultat est le même : discréditer la Confédération Nationale du Travail et s’attaquer à celles et ceux qui participent activement aux campements et aux mobilisations.

Il est à noter qu’après une première phase de stupéfaction face au recours à la police contre les manifestants (répression brutale de la manifestation du 15 mai, expulsion du premier campement), l’attitude des médias (à l’exception éminemment marginale des médias classés à droite) est devenue dans une certaine mesure condescendante en donnant une vision revendicative mais à la fois innofensive des protestations.

Le fait est que, une fois passée les élections régionales et municipales , et devant l’extension des campements, le discours a commencé à se durcir : si auparavant les commerçants « aidaient les indignés », désormais ils se plaignent et affirment que le mouvement est un « trouble à l’ordre public », si auparavant le mouvement était composé de personnes issues de divers horizons idéologiques et de diverses sensibilités, désormais il est infiltré par des « agitateurs professionnels », si auparavant les participants étaient des utopistes, soudain ils se sont transformés en « radicaux d’ultra-gauche »… Le tout dessine clairement une stratégie de préparation de l’opinion pour la mise en œuvre d’une nouvelle solution policière.bandera_cnt-aitsvg

C’est dans ce contexte que nous avons lu hier dans El Pais qu’on débattait à Madrid sur les moyens de « se dissocier d’une manifestation de la branche métallurgique de la CNT appelée aujourd’hui à 19h sur la place de la Puerta del Sol ». Erreur, qu’il aurait été facile d’éviter en consultant le site internet du syndicat qui annonçait avoir annulé cette action de la Confédération depuis plusieurs jours en raison du campement qui perdurait sur la place (et encore, sans compter que l’action avait été autorisée bien avant même la manifestation du 15 mai). Et aujourd’hui, nous nous réveillons avec El Mundo qui écrit que « mercredi dernier, alors que le campement de la Puerta del Sol avait déjà pris de l’ampleur, des sources policières ont laissé filtrer que la CNT contrôlait l’occupation » sans précaution aucune montrant une fois de plus que ce qui compte c’est de ne pas laisser la réalité gâcher un bon titre.

En conséquence, la Confédération Nationale du Travail dénonce dans cette attitude le manque de rigueur et l’atteinte portée aux règles déontologiques les plus élémentaires du journalisme et exige des médias qu’ils aient la décence de recouper leurs informations.

Enfin, et malgré tout cela, nous réitérons une fois de plus notre appel à la désobéissance comme élément principal des mobilisations et de l’expression de la protestation, pour défier et affronter la répression et les tentatives de ralentissement des campements, pour renforcer toujours plus la participation, l’implication et la prise de conscience de la nécessité de nous organiser, pour élargir la solidarité et le dépassement de la peur qui reste le premier ennemi de la lutte.

Secrétariat à la Presse et à la Communication de la CNT-AIT Espagne, 26 mai 2011.

“¡Que se vayan todos !” [Indymedia]

Nous sommes nombreux ces derniers jours à affluer dans les rues pour protester. Tous, nous nous sommes identifié au rejet des politiciens, des syndicats et des patrons..Avant tout , nous nous sommes rendus compte que nous avons atteint une limite que nous en avons assez d’être les parias de ce monde. Que nous ne supportons plus que quelques uns se remplissent les poches et vivent comme des rois pendant que d’autres se serrent la ceinture au-delà de toute limite afin de maintenir en forme la sacro-sainte économie. Que nous savons que pour changer tout cela nous devons lutter nous-mêmes, en marge des partis, syndicats et autres représentants qui veulent nous prendre en charge.

Par dessus tout, cette réalité exprime une question qui touche l’ensemble du monde : la contradiction entre les intérêts de l’économie et ceux de l’humanité. C’est ce qu’on parfaitement compris nos frères rebelles d’Afrique du Nord, et c’est ce que nous comprennons aussi ici aujourd’hui lorsque la situation est insoutenable pour tous et que nous sortons pour lutter. Nous avons supporté l’insupportable, nous avons fait face à un empierement des conditions de vie sans comparaison depuis des décennies. Mais finalement nous avons dit basta, et nous sommes là, exprimant ainsi notre refus de ce système infernal qui transforme notre vie en marchandise.

Nous voulons, bien sûr, exprimer notre refus complet de l’étiquette de citoyen. Sous cette étiquette on agglutine toute sorte de bestioles, du politicien au chômeur, du dirigeant syndical à l’étudiant, du patron le plus prospère au plus misérable des ouvriers. On mélange des modes de vie totalement antagoniques. Pour nous, il n’est pas question d’une lutte de citoyens. C’est une lutte de classe entre exploiteurs et exploités, entre prolétariat et bourgeoisie comme disent certains. Chômeurs, travailleurs, retraités, immigrés, étudiants…nous faisons partie d’une classe sociale sur laquelle retombe, tous les sacrifices. Politiciens, banquiers, patrons… font partie de l’autre classe qui profite plus ou moins de nos pénuries. Celui qui ne veut pas voir la réalité de cette société de classe vit dans un monde de merveilles.

Arrivés là, protestant sur de nombreuses places du pays, il est temps de réfléchir, il est temps de concrétiser nos positions et de bien orienter notre pratique. L’hétérogénéité est grande sans doute possible. Il y a une confluence de compagnons qui luttent depuis longtemps contre ce système, avec d’autres qui manifestent pour la première fois, certains pour qui il est clair qu’il « faut aller jusqu’au bout » (« nous voulons tout et tout de suite » sur une pancarte de la Puerta del sol. Certainsparlent de réformer certains aspects, d’autres encore sont désorientés, d’autres veulent manifester leur ras-le-bol… Il y a également, il ne faut surtout pas l’oublier,ceux qui tentent de pêcher en eaux remuantes, ceux qui veulent canaliser ce mécontentemment, en profitant des faiblesses et de l’indécisition du mouvement.

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Nous avons discuté avec les compagnons dans les rues et nous nous sommes aperçus qu’en fait notre force est dans ce rejet, dans ce mouvement de négation de ce qui nous empêche de vivre. C’est ce qui a forgé notre unité dans les rues. Nous pensons qu’il faut suivre cette voie, approfondir et mieux concrétiser notre refus. Car nous sommes forts dans cette négation, il est clair pour nous que nous n’apporterons aucune solution à nos problèmes en exigeant d’améliorer la démocracie, comme certaines consignes le laissent entendre, et même pas en revendiquant la meilleure des démocraties. Es lo que ha forjado nuestra unidad en las calles. Notre force consiste dans le rejet que nous manifestons dans la démocratie réelle, « en chair et en os », dont nous souffrons quotidiennement, et qui n’est rien d’autre que la dictature de l’argent. Il n’est pas d’autre démocratie. C’est un piège que de revendiquer cette démocratie idéale et merveilleuse, dont on nous a rebattu les oreilles depuis notre enfance. De la même façon, il ne s’agit pas d’améliorer cet aspect ou cet autre, car l’essentiel continuera à marcher : la dictature de l’économie. Il s’agit de transformer totalement le monde, de tout changer de bas en haut. Le capitalisme ne se réforme pas, il se détruit. Il n’est pas de voie intermédiaire. Il faut aller au fond, il faut aller à l’abolition du capitalisme.

Nous avons occupé la rue à quelques jours de la fête parlementaire, dans cette fête où est élu celui qui exécutera les directives du marché. Bon c’est un premier pas. Mais nous ne pouvons en rester là. Il s’agit de continuer le mouvement, de créer et de consolider des organisations et des structures pour la bagarre, pour la discussion entre compagnons, pour affronter la répression qui a déjà frappé à Madrid et Grenade. Il faut être conscient que sans transformation sociale, sans révolution sociale, tout continuera comme avant.

Nous appelons à continuer de manifester notre refus du spectacle du cirque électoral de toutes les manières possibles. Nous appelons à soutenir le mot d’ordre « Qu’ils s’en aillent tous ! »L Mais nous appelons aussi à continuer la luttre après le dimanche 22. Pour que nous allions tous bien au-delà de ces jours. Nous ne pouvons laissez périr les liens qui se construisent.

Nous appelons à la formation de structures de luttes, appelle-nous pour entrer en contact, pour coordoner le combat, pour lutter dans les assemblées qui sont entrain de se monter afin de faire de celles-ci des organes de lutte, de conspiration, de discussion sur la lutte, et non des meetings citoyens. Nous appelons à s’organiser à travers tout le pays pour lutter contre la tyranie de la marchandise.

A LA CALLE, ¡A LUCHAR ! /Dans la rue pour lutter !

LA DEMOCRACIA ES LA DICTADURA DEL CAPITAL/La démocratie est la dictature du capital

EL CAPITALISMO NO SE REFORMA, ¡SE DESTRUYE !/ le capitalisme ne se réforme pas, il se détruit !

BLOQUE “¡QUE SE VAYAN TODOS !”/ BLOC « Qu’ils s’en aillent tous ! » qsevayan@yahoo.es

Les filles des 343 salopes [CQFD]

Il y a 40 ans paraissait le manifeste des 343 salopes. 343 femmes qui déclaraient avoir avorté, en toute illégalité ; 343 femmes qui avaient décidé de réagir face à la boucherie provoquée par une interdiction inique, obligeant les femmes à se débrouiller seules pour avorter, quitte à s’esquinter ou à mourir. Depuis 1975, en France, on ne meurt plus en avortant. Mais on en crève encore troppro-avortement souvent de honte et de culpabilité. Parce que les discours ambiants assènent aux femmes qu’avorter serait forcément un drame pour elles ; parce que l’avortement est encore considéré comme une tolérance plus qu’un droit, pour des citoyennes de seconde zone. Qu’est-ce qu’un droit qu’on ne doit exercer qu’en baissant la tête, en s’excusant et en se sentant coupable ? Depuis 1975, les médias et les politiques ressassent leurs vieux discours sur les conséquences psychologiques de l’interruption volontaire de grossesse : selon eux, avorter serait une tragédie pour chaque femme. Cet acharnement à dresser de l’IVG un portrait aussi sinistre ne traduit en rien un quelconque souci pour le bien-être des femmes. Cet acharnement traduit une peur, la peur qu’elles prennent possession de leur corps en toute liberté, sans culpabilité, sans honte, sans craintes. Cette peur, Simone Veil l’évoquait déjà dans son discours du 26 novembre 1974 à l’Assemblée nationale : « Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ? […] C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. » Depuis 1975, avons-nous avancé ? Les craintes d’une explosion du nombre d’avortements ne se sont pas confirmées. Les femmes ne sont pas irresponsables, idiotes, inconséquentes. Depuis 1975, a-t-on cessé de culpabiliser celles qui avortent ? C’est contre cela que les « filles des 343 salopes » s’insurgent : « Nous en avons assez de cette forme de maltraitance politique, médiatique, médicale. » C’est pour cela qu’elles déclarent « avoir avorté et n’avoir aucun regret ». Ce qu’elles disent, et ce que disent avec elles les centaines de femmes qui ont déjà signé l’appel, n’est rien d’autre que « nous ne sommes pas obligées de souffrir », « nous avons avorté et nous allons très bien. » Parce qu’elles savent que la dramatisation de l’IVG est une arme de culpabilisation massive.

Pour signer l’appel : jevaisbienmerci.net.

Libye, aucune intervention militaire n’est justifiée ! [Fédération anarchiste]

La Fédération anarchiste condamne l’intervention des forces aériennes britannique, étatsunienne et française en Libye, sans pour autant soutenir la dictature de Khadafi. Pour elle, l’attachement drapeau___nd_nm21des belligérants à la liberté des Libyens est en effet plus que suspect, il ressemble davantage à un souci très terre-à-terre de pouvoir continuer les affaires avec les successeurs de l’actuel régime, et de pouvoir se garantir l’approvisionnement en pétrole libyen en virant Khadafi sans toucher aux autres dictatures pétrolières où la révolte gronde aussi mais où les potentats sont plus sûrs et/ou mieux contrôlés. Est-il besoin de rappeler que ceux qui ont vendu les armes dont se sont servis les miliciens du tyran libyen sont les mêmes que ceux qui font parler la poudre depuis le 19 mars 2011 ? Faut-il rappeler que la France, s’agissant de la révolution tunisienne offrait récemment ses services répressifs à Ben Ali ? Ce sont ceux qui se font passer pour des libérateurs qui ont contribué des années durant au maintien de Khadafi au pouvoir, qui lui ont confié la gestion des flux migratoires en direction de l’Europe, ce dont il s’est acquitté avec zèle, qui ont d’autant plus commercé avec lui qu’il était devenu plus fréquentable après avoir renoncé à son programme nucléaire. Ce sont les mêmes qui, au prétexte de frapper l’ennemi, allongeront l’interminable liste des bavures militaires, pudiquement rebaptisées dégâts collatéraux, les travailleurs libyens n’ont pas besoin d’eux !

Arrêt immédiat de l’intervention !
Solidarité internationale avec tous les révoltés !

Fédération anarchiste, 22 mars 2011.

Alerta antifascista : l’extrême droite à l’assaut de nos idées et de nos luttes [Indymedia Paris]

En pleine recomposition, l’extrême droite [1] reprend du poil de la bête à la faveur de la profonde crise que nous traversons, et qui n’épargne pas le champ politique. Malheureusement, arton6079cette offensive intervient à un moment où les rapports de forces qui structurent ce dernier ne sont paradoxalement pas du tout favorables à la gauche de gauche, aux anarchistes et aux libertaires, alors même que ces courants sont les seuls susceptibles de répliquer efficacement à cette menace.


Attention, ami-e-s et camarades anticapitalistes et anti-impérialistes : désormais les fascistes chassent sur nos terres, critiquant la « finance mondialisée » (resucée du traditionnel « complot » des « élites » derrière lequel se cache la figure non moins traditionnelle de la « banque juive ») ou le « sionisme » (manière plus « présentable » pour eux de tenir des discours antisémites) [2], voire se proclamant favorables à la décroissance ou à la relocalisation de l’économie.

Si le phénomène n’est pas nouveau, il est en pleine expansion ces dernières années. Le personnage caricatural de Dieudonné et le spectacle de sa volte-face idéologique – ex-humoriste anti-raciste bien pensant devenu depuis cofondateur du premier parti antisémite qu’ait connu la France depuis la seconde guerre mondiale [3] – constituent un archétype en la matière.

Nul étonnement donc à ce que depuis quelques mois, la présence de groupuscules d’extrême droite et conspirationnistes – ces deux mouvances étant intimement liées – augmente significativement dans nos rues. Cette montée en puissance est particulièrement inquiétante et s’est traduite ces derniers mois par :

La publication d’un appel bidonné à un mouvement anti-banques qui a été largement médiatisé malgré son manque de pertinence économique et politique et qui a malheureusement rencontré un certain succès auprès de sympathisants de la gauche de gauche ;
Des infiltrations dans nos manifs ;
– La tenue d’assises xénophobes en plein Paris ;
Des manipulations ayant conduit à des violences policières à l’encontre de militants à Lille ;
Des intimidations en série à Lille toujours, phénomène qui paraît allers’accantuant
– Non loin de Lille, à Steenvoorde, ville qui accueille un camp de migrants érythréens, une manifestation de la Vlaams Huis et d’Opstaan ayant donné lieu à des négociations secrètes entre police et fascistes et, fort heureusement, à une contre-manifestation antifasciste ;
La livraison du centre-ville de Tours au FN par la mairie PS ;
– Une semaine plus tard dans le même ville, une manifestation homophobe et nationaliste du groupuscule Vox Populi ;
– L’entrée au bureau national du FN de Laurent Ozon, un écologiste au parcours aussi douteux que son réseau d’influence semble être étendu dans la mouvance écolo et décroissante de gauche comme de droite, et qui permet à Marine Le Pen de discourir désormais sur la relocalisation de l’économie ;
– Le doublement des Verts-Europe Ecologie sur leur gauche par une Marine Le Pen qui a réussi seule à faire reporter le vote d’une subvention à une endive hybride au conseil régional de Nord-Picardie ;
– A Besançon, Toul et leur région, une multiplication des agressions émanant des « Autonomes lorrains », qui copient les méthodes et les tenues des black blocs ;
– L’ouverture de pseudo-centres culturels fascistes inspirés des Casapounds italiens (Vlaams Huis à Lille et Desouchière dans le Morvan) ;
Des inflitrations fafs dans des squats parisiens ;
Une tentative d’infiltration conspirationniste dans le mouvement social alsacien ;
L’ouverture d’une salle de concerts néonazie à Lyon ;
– La multiplication de sites et blogs pratiquant ouvertement un confusionnisme politique malsain en mêlant références d’extrême droite et références d’extrême gauche et qui malheureusement rencontrent un succès grandissant : citons par exemple le site de Michel Collon, mais aussi Dazibaoueb ou Le Grand Soir (qui bien que classé à gauche n’hésite pas à publier des communiqués du Parti Antisioniste, à soutenir au nom d’un anti-impérialisme dévoyé les pires dictatures : Iran, Libye, Cuba, etc.) ;
– La multiplication de mouvements mêlant les références à la fois marxistes, républicanistes, laïcistes et nationalistes : PRCF, Riposte laïque ;
– La montée en puissance des thèses conspirationnistes, dont les principaux théoriciens sont tous très à droite de l’échiquier politique et dont les tenants fricotent régulièrement avec des mouvements d’extrême droite, voire sont fafs : le Réseau Voltaire, Mecanopolis, We Are Change, Solidarité et Progrès (larouchistes) ou Egalité et Réconciliation (Alain Soral) font beaucoup de bruit autour de ces thématiques sur Internet.

Alors que le Front national est loin d’avoir poussé son dernier cri et semble au contraire retrouver un nouveau souffle – aidé en cela par des médias qui chouchoutent une Marine Le Pen désormais « fréquentable » –, on voit bien que c’est l’ensemble des mouvances composant l’extrême droite qui se renforce actuellement, à la faveur de la crise économique qui s’approfondit (avec toutes les conséquences sociales qui en découlent), mais aussi grâce à des tactiques rodées de propagande, d’infiltration, d’agitation diverses. En s’affirmant désormais « anticapitaliste », « anti-impérialiste » ou encore « antisioniste », l’extrême droite contribue à escient à entretenir un confusionnisme susceptible de jeter le soupçon voire le discrédit sur ces luttes pourtant légitimes. En même temps, elle cherche à affaiblir les forces progressistes en attirant à elle des militants potentiels, soit le plus souvent personnes peu politisées ou en cours de politisation et donc assez perméables à leurs tentatives de récupération.

Force est de constater que malheureusement, à l’heure actuelle, la réplique ne semble pas être à la hauteur de l’enjeu. Pourtant, plus que jamais, la vigilance à l’égard de ces dérives est de mise et la contre-offensive antifasciste contre ces menaces et violences d’une impérieuse nécessité.

ALERTA ANTIFASCISTA !


PS : Pour un panorama plus complet, nous vous invitons à (re)lire les articles parus sur le sujets ces dernières semaines dans CQFD ou dans le mensuel Article 11, de même que le dossier du Monde diplomatique de janvier 2011 consacré à l’offensive des extrêmes droites en Europe, et toujours bien sûr les analyses très documentées du site de la revue antifasciste Reflex(es).


[1] Il faudrait même parler des extrêmes droites au pluriel, tant les mouvances qui composent cette partie du champ politique sont diverses et divisées (notamment sur la question israëlo-palestinienne), même si elles se retrouvent sur l’essentiel : autoritarisme, haine de l’étranger, culte du chef, nationalisme exacerbé, opportunisme politique, démagogie.

[2] Il est bien évident que nous ne suggérons pas ici qu’antisionisme et antisémitisme seraient identiques. Le premier est une opinion politique tout à fait défendable tandis que le deuxième relève du racisme. Ceci dit, le prétendu « antisionisme » de certains courants de l’extrême droite est de pure circonstance, et une manière bien pratique de camoufler leur antisémitisme. Parallèlement, d’autres courants s’affichent, de manière tout aussi opportuniste, « prioritairement » islamophobes et prétendent soutenir Israël, percevant le « danger islamiste » comme la menace prioritaire qui pèserait sur notre « civilisation » (européenne, chrétienne et blanche, of course).

[3] Non pas que d’autres organisations n’aient pas porté d’idées antisémites sur la scène publique depuis 1945, mais la particularité du Parti Antisioniste (PAS) est de s’être construit et d’avoir fait campagne uniquement autour de ce thème.